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Une enfance heureuse

Collection Sortilèges

Aubevert Jean-Michel, Van Den Bogaerde Michel

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Résumé
L'enfant poète – le poète enfant – vit dans un monde d'avant le monde, d'avant les désillusions, d'avant les meurtrissures inévitables, un temps de « chair », un temps qui ne fait que s'écouler. Ainsi « Sans doute n'aimais-je rien tant que le temps qui s'écoulait, le vent qui dans mes cheveux me renouvelait la promesse des instants, la grâce d'un moment où le monde nous fait vibrer de son onde, matière dont l'être nous remplit, lumière à notre esprit ».

L'enfant était heureux, vivant, ne connaissant du réel que ce qu'il percevait de ses propres yeux, en quête pourtant d'étoiles comme l'homme de la Mancha projette le « pari de l'étoile ».
Et pour vivre, la poésie, tout autant que la peinture, donne accès à un réel plus lumineux – différent selon qui le perçoit – à défaut, comme les hirondelles, de pouvoir ressentir « la légèreté de vivre ».
Il y a du Kundera de « L'Insoutenable légèreté de l'être » dans le poète enfant Aubevert, qui évolue dans cette époque bénie où « le pays nageait dans la prospérité et dans la liberté… », liberté toute relative, car « penser de travers » n'avait guère droit de cité sous l'égide de L'Eglise et de ses croyants zélés.

Et le poète aujourd'hui, en mémoire de l' « enfant heureux » mais aussi « coquille de noix sans foi ni loi », se doit de croire en la vie en cette époque de retour des « confessions », mais aussi de croire encore à cet enfant dont les yeux se dessillent.
Aubevert le poète livre ici un livre magique, solaire, où la poésie partout présente se met au service du temps, du monde, du sens profond de la vie.
Extrait de la préface de Claude Donnay
Note de l'éditeur
"On dit que la mémoire efface les mauvais souvenirs et les mauvais moments pour n'en garder que le bon temps, ainsi qu'au souvenir de l'étang, s'effacent les soupirs d'un dieu, ne laissant de ses pas que le sabot des roseaux. On peut regretter le père Noël. Il n'en demeure pas moins un leurre. On peut regretter la légende, les grands espaces, les terres promises, vides, qu'ouvre le génocide, l'appel du large sur la foi des mirages, la ligne bleue des Vosges où l'on s'avance au ciel, où l'oeil s'éteint au seuil de Verdun. On en voit trop l'écueil.

Ainsi qu'à la lumière, l'enfant déclôt ses paupières aux jours premiers, son âme se fait le berceau d'une chair, met au jour sa peau. La chair qu'on abhorre sous l'acné du péché, l'irruption de l'acmé, le soleil s'y propage. Et c'est comme une orange qui vous revient de loin, l'onction d'un plein azur.

Tandis que la lune nous dispensait ses faveurs, nous brûlions de pâleurs. Ce n'était, dans l'aube du jour, que le songe d'un corps vivant, communion d'amour au revenant, alignés dans la cour telles stèles, qu'au garde-à-vous, cornaquent à Carnac les siècles.

C'est pourtant dit, l'enfance était heureuse. D'elle-même, elle se dispense de la récréation des rangs, du remords des poussières que fait mordre le mors. Tatoués de soleil, nous étions baignés d'eaux, veinés de vaisseaux au repos du voyant, par l'éveil couronnés de la bénédiction de vivre, toujours plus vivants que nous ne voyions évoluer nos parents, quoique nous répondions du prénom d'un mort, par sa soeur Renée. Tant de gamètes sont tirées sur la comète ! Nous étions légion d'un troupeau, boisseau de nuit sous le trousseau des étoiles, l'étoffe d'une peau, nés dans le courant d'un fleuve dont affleurait le souffle, berceau d'un lit plus profond que la maison d'un nom, plus fécond que les fonts.

Il est un corps mieux né, où les poissons dans l'eau se sentent des ailes, où les posidonies couchent leur prairie. A travers l'onde, filtrait le soleil dans l'écho assourdi des mondes. Elle est le domaine des sirènes, le chapelet des îles, l'étole des atolls, le tombeau des volcans que le corail recueille en bercail de rocailles, l'horizon des lagons.

Rien n'est transparent comme la brume au voyant : les fées, les croix, ce que l'on croit, qu'on devine en gésine, s'y voit. Simples et joyeux, nous nagions dans le bonheur sous l'éclat des regards, créatures de peau répandues au miroir, nénuphars au plateau d'argent, affleurant au poumon de l'étang, jouant sur du velours dans le blanc de l'amour. Nous étions la nuit constellée cillée d'oeillades, mitaine croquée au loup, quand le jour se fait sous les paupières, la traîne laiteuse que la nuit blanche givre dans l'herbe, témoins de la voie lactée au paraphe d'un tétin.

Des tours et des magies pour qu'un sourire respire, pour que se cheville une aile, que les soupirs s'étirent de longue haleine à des ports de reine. On disait qu'à Tombelaine, île des morts, les sirènes fendaient les vagues à l'appel des noyés, qu'enroulés dans leurs cheveux, elles en bordaient les yeux comme d'un amoureux.

La mer a des habits de lumière dans l'arène éblouie, et des coquilles de noix qu'elle écale. Elle est dans l'âme troublée, comme l'appel d'une femme, le tropisme des abîmes, l'horizon où se referme le cercle.

Et nous étions poissons à des accents de lune, bercés à l'infini des marées, investis d'autant de sillages que nous pouvions en rêver le rivage. C'est ce que murmurait la conque vrillée à nos tympans, tout ce temps pour couver un présent, tandis que se refermait la mer sous nos paupières, que le marchand de sable avait passé."

(Extrait du livre)
Informations complémentaires
Date de publication : 04/05/2017
Version : Français
Dimensions : 20 x 14 x 1 (cm)
Nombre de pages : 101
Format : Paysage
Reliure : Dos cousu
Délais d'expédition : 1 semaine


 
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